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Se loger coûte de plus en plus pour les ménages français

News immobilières 16/03/2012 à 10h34

Les Français consacrent une grande part de leurs dépenses pour se loger, et cette fraction est de plus en plus croissante chaque année… En 2010, en incluant loyers, charges, taxes, remboursements d’emprunts, dépenses d’eau et d’énergie, un ménage sur deux consacre plus de 18,5 % de ses revenus à son habitation principale d’après la récente étude de l’INSEE sur le sujet.
Premier poste de dépenses des ménages

L’Institut note que « le logement constitue le premier poste de dépenses des ménages devant ceux de l’alimentation et des transports ». En 2010, en France métropolitaine, un ménage sur deux a consacré au moins 18,5 % de ses revenus à se loger. Ces dépenses de logement comprennent pour les propriétaires les remboursements d’emprunt (capital et intérêts) pour l’achat du logement et les gros travaux, la taxe foncière et les charges de copropriété. Pour les locataires, elles comprennent les loyers et charges locatives. « Pour tous, elles incluent enfin la taxe d’habitation et les dépenses d’eau et d’énergie liées à l’habitation. Les aides au logement sont par ailleurs déduites de ces dépenses : il s’agit d’un taux d’effort ‘net’ » explique l’étude.

Les propriétaires non-accédants mieux lotis que les autres

Les propriétaires non-accédants ne consacrent que 9,5% de leur budget pour se loger là où ce taux monte à 26,9% pour les locataires du privé (« un locataire du privé sur deux consacre 26,9% de son budget aux dépenses du logement ») et 27,2% pour les accédants à la propriété. Les locataires du secteur social, qui bénéficient de loyers plafonnés, dépensent un peu moins avec un taux de 20,1%.

Moins on gagne, plus le coût du logement pèse

Le coût du logement pèse plus lourdement pour les ménages à faibles ressources, les locataires du parc privé et les accédants à la propriété. Un locataire du parc privé sur cinq dépense plus de 40 % de ses revenus pour se loger. Depuis quinze ans, le taux d’effort global augmente peu .Mais l’INSEE souligne que la « hausse est plus sensible pour les ménages modestes et les locataires du parc privé ». Malgré l’envolée des prix immobiliers, l’institut précise que « le taux d’effort des accédants s’accroît faiblement, notamment parce que les emprunts se font sur des durées plus longues et le profil des accédants évolue ». « L’accès à la propriété devient en effet plus difficile pour les ménages modestes » ajoute-t-il.

L’accession à la propriété moins facile

La hausse des prix a également eu pour conséquence de rendre l'accès à la propriété plus difficile pour les ménages modestes. Un parcours semé d’embuches pour les moins aisés… 10% des ménages qui acquièrent leur premier bien immobilier étaient considérés comme modestes en 2006, contre 13% dix ans plus tôt. La proportion de locataires dans les ménages modestes ressort à environ 66% en 2010, contre 61% en 2006. A l'inverse, la part des locataires parmi les revenus aisés a reculé de 28% en 1996 à 19% en 2010.

L'institut note également que les taux d'effort des propriétaires accédants ont augmenté depuis quinze ans, mais de façon modérée au regard de l'évolution des prix immobiliers. Cette évolution est la conséquence d’une modification du profil des accédants car les ménages modestes étant plus rarement concernés. . Par ailleurs, l’évolution du taux d’effort médian « annuel » ne donne qu’une vision partielle du poids des remboursements pour les accédants. Dans les années 2000, l’allongement des durées d’emprunt a permis aux candidats à l’accession d’étaler leurs dépenses de logement. L’accession est également facilitée par la baisse des taux d’intérêt, mais l’INSEE souligne que « elle leur coûte malgré tout globalement plus cher » : le montant de l’achat représente quatre années de revenu en moyenne pour les accédants récents de 2002-2006 contre trois années pour ceux de 1997-2001.

Quant aux propriétaires non accédants, l’étude explique que « leur taux d’effort est globalement stable sur quinze ans, autour de 9 % ». « Ces propriétaires cumulent des niveaux de vie plus élevés que les autres ménages et des dépenses de logement bien plus faibles et peu sensibles aux évolutions des marchés immobiliers » concluent les auteurs de l’étude.
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